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Un rapport qui devrait inspirer le Grenelle de l’Environnement

La Commission Energie de l’Académie des Sciences a récemment publié un rapport « Energie 2007-2050, les choix et les pièges ». Courageux, sans langue de bois, évitant le prêchi-prêcha si populaire parmi les adeptes du « faites ce que je dis mais pas ce que je fais », ce rapport mérite d’être un apport essentiel aux débats du « Grenelle de l’Environnement ». Espérons que la plus haute instance scientifique de notre pays sera au moins autant écoutée que certains producteurs d’émission TV et photographes, fussent-ils très talentueux dans leur domaine de compétence. Participant, à notre modeste niveau, à la diffusion des principales idées qu’il contient, nous résumons ici ce rapport.

Un constat peu rassurant

En effet, le constat des académiciens n’est pas rassurant. S’appuyant sur le récent rapport du GIECC ils constatent tout d’abord, que, même si les modèles climatiques doivent être encore améliorés, en particulier pour ce qui concerne l’influence des nuages, aucun ne peut expliquer l’augmentation observée de la température depuis 1980 sans prendre en compte les émissions anthropiques de gaz à effet de serre, et, surtout, du gaz carbonique. Particulièrement inquiétante est la constatation que, malgré les avertissements des climatologues, les émissions mondiales de CO2 continuent à augmenter à un rythme rapide, au point qu’on peut envisager leur doublement en 2050 alors qu’il faudrait les diviser par au moins deux pour obtenir une stabilisation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère.

L’irrésistible ascension du charbon ?

Dans un scénario « Business as Usual »(1), l’épuisement progressif des réserves de pétrole et de gaz conduit à une augmentation considérable de l’usage du charbon. Dès aujourd’hui le charbon est utilisé à près de 90% pour fournir 40% de l’électricité mondiale. Il est à l’origine de 40% des émissions de CO2, alors qu’il ne fournit que 27% de notre consommation primaire d’énergie. En d’autres terme, le charbon est le combustible fossile le plus polluant. Dans l’avenir, non seulement il fournirait une quantité croissante d’électricité (augmentation envisagée de 70% de la consommation électrique dans le monde en 2030 par rapport à 2007), mais on envisage de l’utiliser massivement pour produire des carburants de synthèse. Les besoins en centrales thermiques d’ici 2030 sont estimés à 800 GWe aux US, 800 GWe en Chine, et 600 GWe en Europe (l’équivalent de 2200 réacteurs nucléaires). Si un tel programme est réalisé avec des centrales à charbon démunies de système de capture-stockage du CO2, la catastrophe climatique est assurée. Quelles sont les alternatives pour faire face à de tels besoins ?

    ·
  • L’amélioration de l’efficacité énergétique que ce soit au niveau des rendements de production et de transport de l’électricité ou au niveau de la consommation finale. Toutes choses égales par ailleurs, on estime que le gain d’efficacité énergétique pourrait atteindre 35% en 2050. Mais il faut ajouter que les applications croissantes de l’électricité aux transports collectifs et individuels et pour la production de chaleur contrediront cette tendance.
    ·
  • L’usage croissant des énergies renouvelables pour la production d’électricité. La ressource hydraulique, actuellement, et de loin, la principale source d’électricité renouvelable, est presque complètement exploitée dans les pays de l’OCDE. Elle garde un important potentiel en Asie et Amérique du Sud mais se heurte à des difficultés d’éloignement des principaux centres de consommation et de déplacement de population. De plus, les investissements initiaux sont très élevés. Les électricités éoliennes et photovoltaïques souffrent de leur intermittence (et de son prix pour le dernier) et, en absence de méthode efficace de stockage de l’électricité, ne sauraient représenter plus de 20% de la production d’électricité. ·
  • La mise en œuvre systématique du procédé de capture-stockage du CO2 émis par les centrales électriques. Actuellement la validité de ce procédé a été démontrée pour des quantités stockées de l’ordre du million de tonnes par an. Il s’agit d’extrapoler ces résultats à des quantités dix mille fois plus grandes ! Le surcoût associé à cette technique amènerait le coût d’investissement des centrales à charbon à un niveau supérieur à celui des centrales nucléaires, leur ôtant ainsi tout intérêt économique. En tout cas il ne faudrait pas que la perspective de mettre en œuvre, à terme, le procédé de capture-stockage justifie la construction de centrales à charbon ne le mettant pas en œuvre dès le départ. ·
  • Finalement la seule source d’électricité soutenable à l’échelle des besoins et disponible immédiatement est la source nucléaire. Si elle se développe à l'échelle nécessaire, il sera indispensable de recourir à des réacteurs surgénérateurs.

La conclusion des académiciens est sans appel :
Un éventuel échec du développement nucléaire, par idéologie ou faute d’acceptation sociale, nous précipiterait à terme (raréfaction du pétrole et du gaz) dans l’usage quasi exclusif du charbon dans des centrales thermiques, avec pour conséquence un fort accroissement du changement climatique…
Si les États laissent construire de grandes centrales thermiques au charbon, sans capture et stockage des émissions, et capables de fonctionner pendant 40 ou 60 ans, notre avenir est irrémédiablement compromis.

La difficile reconversion des transports.

Au niveau mondial, les transports représentent actuellement environ 21% des rejets de CO2 (5 Giga tonnes). De plus, ces émissions augmentent rapidement puisque dès 2030 on prévoit un doublement du nombre de voitures en circulation dans le monde qui devrait atteindre 1,5 milliard. A condition que l’électricité soit produite sans émission de CO2 ou presque il est évident qu’il faudra favoriser le transport urbain électrique en site propre. De même il faudra favoriser les liaisons TGV par rapport à l’avion et à la voiture individuelle; pour les transports pondéreux revenir aux transports fluviaux et maritimes.
Pour les voitures individuelles, les académiciens soulignent l’intérêt des voitures hybrides rechargeables. Ils sont réservés à l’égard des voitures électriques à cause de leur faible autonomie(2).
Le développement des biocarburants de première génération (bio-éthanol et bio-diesel) se heurte, d’une part, à une dépense énergétique importante qui demande à être mieux quantifiée et à la compétition avec les cultures vivrières. L’espoir réside surtout dans les carburants de deuxième génération dont la synthèse utilise la plante entière.

Le secteur résidentiel et tertiaire

En France, ce secteur représente 60% de l’électricité et 30 à 50% de la consommation énergétique. Il y a beaucoup à faire pour améliorer les performances énergétiques des bâtiments: alors que la consommation des immeubles français s'élève, en moyenne, à 200 kWh/m2/an pour le chauffage, elle n’atteint que 100 kWh/m2/an en Allemagne. En ce qui concerne les moyens de chauffage il faudra remplacer les chaudières à fioul, gaz et charbon par d’autres types d’installation : chaudières à bois, surtout pour les réseaux de chaleur, pompes à chaleur, chauffage solaire, géothermie. Les académiciens souhaitent la réhabilitation du chauffage électrique qui, dans la mesure où l’électricité est produite sans recourir aux combustibles fossiles, n’est pas cause de rejets de gaz à effet de serre.

En conclusion

de ce résumé d’un rapport d’une grande importance, citons :

Nous ne sauverons notre mode de vie et nos moyens d’existence ni avec l’ignorance, ni avec l’idéologie, ni avec des déclarations ou des incantations. L’idéologie ne saurait prévaloir sur la science, la technique et l’économie. C’est dans ce sens que l’Europe doit prendre l’initiative d’une action internationale majeure, comprenant au moins les États-Unis, la Chine, l’Inde, le Japon, la Russie et l’Union européenne, et qui soit d’une ampleur bien plus grande que le protocole de Kyoto…

Nous sommes dans une voie énergétique à la fois précaire, puisque notre sécurité d’approvisionnement n’est pas assurée, ruineuse si les prix du pétrole et du gaz poursuivent leur ascension coutumière, et polluante de la façon la plus pernicieuse, puisque nul ne ressent directement quelques dizaines de ppm de gaz carbonique supplémentaires. Il est encore temps d’y porter remède. Tout retard sera coûteux et désastreux, et l’inaction qui se cache derrière la formule « business as usual » serait une politique inacceptable.

« Sauvons le Climat » qui, depuis sa création, défend une approche rationnelle et non idéologique des questions énergétiques, est honoré de constater que ses propres analyses sont confortées par la plus haute instance scientifique de notre pays.

notes:
(1) "Continuons comme à l'accoutumée".
(2) "Sauvons le Climat" est plus optimiste que les académiciens en ce qui concerne l'utilité et l'avenir de petites voitures urbaines électriques.

 

référence WEB du rapport de la Commission Energie de l'Académie des Sciences:
http://www.academie-sciences.fr/activite/rapport/rapport0707.pdf

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10ème Université d'Eté de SLC - Sauvons Le Climat

Les Houches – Chamonix 5, 6 et 7 octobre 2017

Thème : L’adaptation au changement climatique

 

Visites et conférence préliminaire le 5 octobre (Chamonix)

Université d’été les 6 et 7 octobre (Les Houches)

Sauvons Le Climat tiendra son université d’été de 2017 les jeudi 5, vendredi 6 et samedi 7 octobre à Chamonix et aux Houches. Le thème en sera l’adaptation au changement climatique.

Le programme couvre les aspects globaux et les aspects locaux.

Le jeudi 5 vous sont proposés un programme de visites l’après-midi et une conférence en soirée.

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