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Le gaz, énergie propre et sûre ?

  • Publié le 5 janvier 2006
SLC
  • Gaz à effet de serre
  • Climat
  • Science et technologie
  • Combustibles fossiles
  • Production d’énergie

 

Hervé Nifenecker, Secrétaire général du collectif Sauvons le Climat


Communiqué de presse : Le gaz, une énergie propre et sûre ?

Après l’envol des prix du pétrole en 2005, l’année 2006 commence par la démonstration que la livraison du gaz et son transport peuvent devenir des armes politiques redoutables. La France et l’Europe vont-elles en tirer la conclusion qu’il faut diminuer aussi vite que possible leur dépendance à l’égard de cette source d’énergie fossile ? Non seulement la dépendance croissante de l’économie européenne vis-à-vis du gaz peut présenter des dangers politiques mais le développement de l’utilisation du gaz pose la question de son effet sur les émissions de gaz à effet de serre. Certes, à fourniture égale d’énergie utilisable égale le gaz produit moins de gaz carbonique que le fioul ou, surtout, le charbon. C’est ainsi qu’on estime que, pour la production d’électricité, les centrales à charbon émettent près d’un kilo de gaz carbonique par kWh produit, alors que les centrales à gaz n’en émettent qu’un demi. Mais la production et le transport de gaz sont accompagnés de fuites de méthane dont l’ampleur dépend de la qualité des équipements (par exemple l’étanchéité des gazoducs). Or, au moins à moyen terme, le méthane est un gaz à effet de serre beaucoup plus efficace que le gaz carbonique. Des fuites de 5% donnent une contribution à l’effet de serre équivalente à la combustion du gaz proprement dite. Dans ces conditions, et en ce qui concerne le réchauffement climatique, affirmer que le gaz est une énergie propre relève de l’escroquerie intellectuelle.

Sauvons le Climat souhaite que soit mis en place un plan quantitatif de réduction de l’usage du gaz et du fioul en France, tout particulièrement pour la production de chaleur. On peut parfaitement renoncer à l’emploi du gaz et du fioul pour le chauffage dans les 15 ans qui viennent. Des moyens fiscaux et réglementaires devront être utilisés pour atteindre les objectifs du plan. Par exemple, les chaudières au fioul ou au gaz devraient être progressivement enlevées du marché. Les techniques de substitution sont connues : isolation améliorée des logements, développement du chauffage solaire, chaudières au bois, particulièrement dans l’habitat collectif, pompes à chaleur, chauffage électrique. Les modalités de financement de ces investissements doivent assurer que les charges financières de familles modestes n’augmentent pas.

De même Sauvons le Climat souhaite que, aussi longtemps que la technique de séparation et de séquestration du gaz carbonique ne sera pas opérationnelle, le recours aux énergies fossiles pour la production d’électricité soit progressivement abandonné, en commençant par l’interdiction, dès aujourd’hui, de la mise en œuvre de nouvelles capacités de centrales thermiques à flamme, à l’exception de celles utilisant la biomasse. Pour obtenir ce résultat sans mettre en cause la sécurité d’approvisionnement électrique il faudrait, entre autres, amortir les pointes de consommation par une politique tarifaire plus appuyée et augmenter la capacité de production nucléaire, qui est d’ailleurs nécessaire en soutien à la production d’électricité renouvelable si la croissance de cette dernière reste un objectif des pouvoirs publics.



Le collectif »Sauvons le climat », fondé en mai 2004, a pour ambition d’informer nos concitoyens, de manière indépendante de tout groupe de pression ou parti politique, sur les problèmes relatifs au réchauffement climatique et sur les solutions proposées pour le ralentir. Il est doté d’un comité scientifique, présidé par Michel Petit, ancien responsable du groupe français d’experts au GIEC. Son manifeste a été signé par plusieurs milliers de personnes.

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