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Réflexions sur le Débat Public sur la Gestion des Déchets Radioactifs

  • Publié le 27 février 2006
SLC
  • Nucléaire
  • Production d’énergie

 

Hervé Nifenecker, Secrétaire général du collectif Sauvons le Climat

 

Communiqué de presse : Réflexions sur le Débat Public sur la Gestion des Déchets Radioactifs


Le débat Public sur la Gestion des Déchets Radioactifs vient de se terminer. Il a été l’occasion de faire un point fort intéressant et complet sur l’avancement des travaux sur les trois axes de la Loi Bataille de 1991.

La Séparation-Transmutation
Dans le domaine de la séparation-transmutation des progrès spectaculaires ont été obtenus par le CEA en ce qui concerne la séparation des actinides mineurs à l’échelle de quelques kilos séparés. Il est maintenant nécessaire d’atteindre le stade pré-industriel qui permettrait une évaluation technique et économique du stade industriel.
La faisabilité de la transmutation a été démontrée théoriquement mais tout reste à faire pratiquement. Il est donc probable que la séparation sera possible avant la transmutation. Se poserait alors la question de savoir si la première devrait être mise en œuvre en attendant la seconde afin de limiter la quantité d’actinides mineurs présente dans les verres de retraitement.
La maîtrise de la technique de retraitement est un atout potentiel dans l’hypothèse de la mise en œuvre des réacteurs de Génération IV. Il s’ensuit que le maintien de l’activité de La Hague est nécessaire. Actuellement ce maintien repose sur le retraitement des combustibles UOx usés pour en extraire le Plutonium devant servir à fabriquer les combustibles MOx, mélange d’oxydes d’Uranium et de Plutonium. Les chercheurs du CNRS ont proposé de remplacer le MOx actuel par un mélange d’oxydes de Thorium et de Plutonium.
Nous suggérons que, sous l’impulsion de la Commission Nationale d’Evaluation, une évaluation de la stratégie actuelle du retraitement et de production du MOx soit réalisée de manière pluraliste par les chercheurs d’AREVA, du CEA, du CNRS, d’EDF, de l’Université et de représentants de pays ayant fait ou allant faire le choix du retraitement.
Le Stockage géologique
La faisabilité technique du stockage géologique dans l’argile du plateau de Bures est démontrée, une incertitude demeurant sur sa dimension et son coût. Par contre son acceptabilité par les populations locales semble loin d’être acquise ; les milliers de signatures exigeant l’organisation d’un referendum local attestent de la méfiance d’une partie importante des riverains. Cette situation résulte d’une propagande très efficace des organisations antinucléaires qui n’hésitent pas à recourir à la stratégie résumée par le célèbre « mentez, mentez, il en restera toujours quelque chose » et à surfer sur les craintes associées au nucléaire. Les rumeurs les plus folles sont répandues et encouragées allant jusqu’à convaincre les pêcheurs à la ligne que les rivières seront empoisonnées. En face de cette débauche d’informations mensongères la communication des autorités et, spécialement, de l’ANDRA a été indigente, refusant de préciser aux populations l’ordre de grandeur des risques encourus du fait du site de stockage. Dès le début du débat, « Sauvons le Climat » avait souligné la nécessité de donner cette information. Il fut soutenu dans cette démarche par le Président de la CPDP, Georges Mercadal, qui obtint de l’ANDRA qu’elle soit donnée dans son rapport de Maître d’Ouvrage. « Sauvons le Climat » constate d’ailleurs, avec satisfaction, que les valeurs du risque données par l’ANDRA sont cohérentes avec ses propres estimations telles que précisées dans son cahier d’acteur. Malheureusement le mal causé par une information trop tardive est largement fait et l’aval des riverains pour l’implantation du site est loin d’être acquis.
L’entreposage
L’entreposage des déchets radioactifs HAVL et des combustibles irradiés est, dès à présent, opérationnel pour des périodes excédant 50 ans. Le débat a mis en lumière la possibilité d’un entreposage de longue durée en sub-surface. Une telle solution semblerait avoir la faveur d’une partie des antinucléaires (du moins tant qu’elle ne fait l’objet d’aucun projet concret) et plaira sans doute à de nombreux politiques en leur permettant de laisser à leurs successeurs la responsabilité d’un choix définitif.
Paradoxalement la solution d’un entreposage de longue durée est acceptable aussi longtemps que les compétences en technologie nucléaire sont maintenues. Elle devient, par contre, tout à fait dangereuse et inacceptable en cas de sortie du nucléaire. Mais les antinucléaires ne semblent pas gênés par cette incohérence !


Le collectif »Sauvons le climat », fondé en mai 2004, association loi 1901 depuis Décembre 2005, a pour ambition d’informer nos concitoyens, de manière indépendante de tout groupe de pression ou parti politique, sur les problèmes relatifs au réchauffement climatique et sur les solutions proposées pour le ralentir. Il est doté d’un comité scientifique, présidé par Michel Petit, ancien responsable du groupe français d’experts au GIEC. Son manifeste a été signé par plusieurs milliers de personnes.
 

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