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Arte prête son antenne à Greenpeace

  • Publié le 13 décembre 2017
SLC
  • France
  • Nucléaire
  • Pollution et santé

On savait qu’Arte n’aimait pas le nucléaire et adorait mettre en cause les autorités garantes de la sécurité de nos centrales et autres installations nucléaires françaises.

On s’étonne, toutefois, qu’elle mette ses antennes à la disposition de Greenpeace. C’est, en effet, ce qui s’est passé lors de l’émission du 5 décembre intitulée :
Sécurité nucléaire : le grand mensonge

Une enquête sur les relations entre la société publique Arte et l’Association Greenpeace nous paraît, désormais, indispensable.

Le titre de l’émission suggère qu’un grand mensonge recouvrirait la question de la sécurité nucléaire. Accusation très grave qui exige preuve. Or toutes les informations données dans l’émission, lorsqu’elles sont vraies, sont de notoriété publique depuis longtemps. Où est donc le mensonge ? Les menteurs ne sont pas peut-être pas ceux que l’on croit.

Au dire même des intervenants, les nombreuses tentatives visant des sites nucléaires[1] n’ont connu aucun succès.

L’émission s’attache à mélanger les risques liés aux armes nucléaires et ceux liés à une attaque terroriste sur un réacteur ou une autre installation civile. Bonne recette pour affoler le bon peuple, mais la ficelle est bien grosse et le bon peuple commence à se rendre compte que Greenpeace-Arte se moque de lui.

Tout ce qui est dit dans la partie relative au vol de matériaux nucléaires est du domaine public. Il suffit de faire une recherche sur Internet pour en être convaincu

Risques d’utilisation de bombes nucléaires par des groupes terroristes

Arte-Greenpeace nous explique que plusieurs groupes terroristes ont tenté, en vain, de se procurer l’Uranium 235 ou le Plutonium 239 nécessaires à la fabrication d’un engin explosif. Ils ont échoué, ce qui montre que ce n’est pas simple. De l’aveu des intervenants dans l’émission, il existe un contrôle sérieux des matériaux nucléaires. Une baudruche dégonflée.

 Il n’est pas simple de fabriquer une bombe opérationnelle. Contrairement à ce qu'a osé dire un des « experts » d’Arte-Greenpeace il ne suffit pas de faire tomber un morceau d’Uranium 235 sur un autre…Même en possession d’Uranium 235 ou de Plutonium 239, les chercheurs américains (projet Manhattan), français et russes ont mis plusieurs années avant de mettre au point un engin suffisamment petit pour être transporté par un avion. Une autre baudruche dégonflée.

Dans la même veine de désinformation on note les cris d’orfraie poussés par les « experts » quand ils se réfèrent à la prise, par Daesh, de 40 kg d’Uranium dans un laboratoire de Mossoul. Or, au dire de l’AIEA qui avait envoyé ses experts en Irak mener de nombreuses inspections en Irak, le programme nucléaire militaire de l’Irak avait bien cessé. L’Uranium saisi à Mossoul n’était pas susceptible d’être utilisé pour fabriquer une arme. Une autre baudruche dégonflée.

Par contre, de façon étrange, l’émission ne mentionne pas le seul véritable danger qui serait le vol (avec éventuelle complicité) d’une arme opérationnelle (ce danger existe, par exemple, au Pakistan) ou la vente d’une telle arme par un état à une organisation terroriste (ce pourrait devenir le cas de la Corée du Nord). On n’en parle pas car, sur ce sujet, il serait difficile de mettre en cause le nucléaire français ; c’est donc sans intérêt pour Arte Greenpeace.

La Saga des transports de Plutonium

Le point d’orgue de l’émission fut, indéniablement, la chasse aux camions chargés de Plutonium organisée par l’antinucléaire professionnel Yannick Rousselet, chargé de campagne auprès de Greenpeace, membre nommé par le Ministère de l'écologie, du développement durable et de l'énergie au « Haut comité pour la transparence et l'information sur la sécurité nucléaire (hctisn)». Utilisant les informations accessibles aux membres de ce comité, tout en simulant pour les gogos une recherche sur carte, il nous entraîna dans un jeu de piste dans lequel il s’agissait de déterminer le trajet des camions de transport de Plutonium entre La Hague et Cadarache. Pour lui ce n’était pas bien compliqué puisque les membres du HCTISN ont accès à ces données. Il s’agissait ensuite de déterminer les lieux les plus favorables pour organiser une embuscade dans le but de faire sauter le camion et disperser la poudre d’oxyde de Plutonium dans le voisinage. Le but recherché est clairement d’obtenir que les populations locales s’opposent aux passages de ces camions. Pour atteindre ce but il faut, à l’évidence, que toute dispersion de poudre d’oxyde de Plutonium soit un danger mortel pour tous les habitants des environs. Il se trouve qu’une expérience involontaire démontre le contraire, comme on peut le voir dans l’Annexe.

La démonstration de Yannick Rousselet pose un certain nombre de questions : est-il normal que les membres du HCTISN utilisent, sans limitation ni retenue, les informations qui leur sont fournies, lorsque la sûreté de la nation est en cause ? Est-il normal qu’ils puissent fournir ainsi des informations utiles à des groupes terroristes ? Serait-il possible que des terroristes aient infiltré Greenpeace pour recueillir de telles informations ? Par précaution tous les membres de Greenpeace ayant participé à des opérations de simulation d’action terroriste ne devraient-ils pas, pour le moins être fichés S.

Si Monsieur Yannick Rousselet est persuadé que les transports de Plutonium représentent un danger sérieux n’aurait-il pas dû saisir immédiatement l’ASN ? L’a-t-il fait en vain ? Il aurait pu, alors, s’adresser au Président de la République, responsable en dernier ressort de la sûreté de la nation. L’a-t-il fait ?

Greenpeace-Arte a évidemment réitéré sa dénonciation des piscines de stockage des combustibles usés. Là encore, de deux choses l’une : ou bien Greenpeace-Arte est convaincue d’avoir découvert une faille sérieuse dans la sécurité des centrales nucléaires et son devoir est, évidemment, d’en saisir l’ASN en évitant de révéler urbi et orbi ces failles qui pourraient être utilisées par des groupes malintentionnés. Ou bien Arte-Greenpeace savent que l’ASN n’aurait pas laissé de telles failles se développer et nous amusent avec leurs feux d’artifice, dans le but de développer ce qu’il faut bien appeler une psychose du nucléaire et de la radioactivité.

Le mauvais exemple.

L’émission ne pouvait se terminer sans que les militants allemands de Greenpeace-Arte ne donnent en exemple la politique énergétique allemande d’abandon du nucléaire. Ce faisant ils passaient sous silence quelques défauts de cette « Energiewende » :

  • En 2015 l’Allemagne produisait son électricité à 44% avec le charbon, 9% avec le gaz, 14% avec le nucléaire, 4% avec l’hydroélectricité, 18% par l’éolien et le photovoltaïque
  • En 2015 la France produisait son électricité à 2% avec le charbon, 3% avec le gaz, 79% avec le nucléaire, 10% avec l’hydroélectricité, 5% par l’éolien et le photovoltaïque
  • En 2015 chaque allemand émettait 9 tonnes de CO2, chaque français 4,37
  • En 2015 les émissions des centrales à charbon allemandes causaient 20000 morts prématurés en Europe, les émissions des centrales à charbon françaises 100.
  • En 2015 les particuliers allemands payaient leur électricité 270€/MWh, les particuliers français 150€/MWh.

Où est la transparence ? Cacher ces données c’est mentir, au moins par omission. Nous avons donc trouvé les menteurs.

Annexe : ne pas exagérer le danger des transports de plutonium

En 1966, à la suite d’une collision, un bombardier américain transportant 4 bombes atomiques se désintégra en vol et les 4 bombes tombèrent au sol près du village de Palomares en Andalousie. Parmi elles deux, dont les parachutes ne se sont pas déployés, ont été détruites à l'impact : leurs explosifs conventionnels explosèrent en dispersant environ 4,5 kg de plutonium sur 250 hectares.

Le site a été décontaminé par extraction, traitement et stockage géologique en Caroline du Sud de 1.400 tonnes de terre et de végétaux. 100 kilomètres carrés de terrain ont été saisis et clôturés, tandis que 300 autres kilomètres carrés sont surveillés et interdits à la construction et à l'exploitation [2]

La population locale est suivie médicalement depuis l'événement. On constate que l'espérance de vie des habitants de Palomares est semblable à la moyenne espagnole.

La pollution par dispersion d’une importante quantité d’oxyde de Plutonium n’a donc pas eu de conséquences sanitaires significatives.

Il se trouve qu’également en Espagne, en 1978, un camion-citerne transportant 25 tonnes de propène explosa à proximité du terrain de camping « Los Alfaques », situé en contrebas de la route, le long de la mer Méditerranée. La catastrophe fit 217 morts et de nombreux blessés (200 grands brûlés). On estime qu'environ 500 personnes se trouvaient sur les lieux au moment de l'accident.

Autrement dit, à condition que le nucléaire ne crée pas de panique[3] (encouragée consciencieusement par Greenpeace), les terroristes auraient tout intérêt à attaquer un camion-citerne

 

[1]  qui ont, d’ailleurs, été signalées par les pouvoirs publics

[2]  Ces chiffres cités par Futura http://www.futura-sciences.com/sciences/definitions/physique-incident-nucleaire-palomares-7133/ paraissent très élevés, conséquence possible du syndrome de la peur fantasmatique de la radioactivité

[3] La peur, largement injustifiée, est, en effet, susceptible de créer des paniques dans le public, mais aussi dans les sphères dirigeantes comme  on l’a vu  à Tchernobyl , et à un moindre degré, à Fukushima, avec une évacuation d’une ampleur injustifiée des populations  et, aussi, de prises de décision complètement irrationnelles comme l’arrêt, sans réflexion sérieuse, de tous les réacteurs japonais et la décision allemande d’arrêter sans préavis 22 réacteurs (qui n’étaient évidemment pas menacés d’un tsunami.

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