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La candidate et l'EPR

  • Publié le 29 avril 2007
SLC
  • Nucléaire
  • Production d’énergie

 

Réflexions sur le programme énergétique de Ségolène Royal

Lors de son intervention sur France 2, Madame Ségolène Royal a rappelé et précisé ses positions en matière de politique énergétique.

"Sauvons le Climat" salue sa volonté de soutenir le développement de l'énergie solaire, et, particulièrement du photovoltaïque dans les pays du Sud. Depuis longtemps "Sauvons le Climat" souligne l'importance, l'efficacité et la rentabilité que pourrait avoir une telle politique. Rappelons à la candidate que l'industrie française a de bons atouts à faire valoir dans ce domaine, contrairement à ce qu'elle semble encore penser (voir notre communiqué du 5 février 2007).

"Sauvons le Climat" prend acte avec satisfaction du fait qu'elle a renoncé à sa première intention de réduire la part du nucléaire à 50% (voir notre communiqué du 01 janvier 2007). Elle désire en réduire la part grâce aux énergies renouvelables en affirmant sa volonté de porter la part de ces dernières à 20%. Rien n'indique si ce pourcentage concerne la proportion des ER dans l'énergie primaire (c'est à dire en incluant le solaire thermique, la géothermie et la biomasse) ou dans la production électrique (essentiellement l'éolien). Rappelons que la France s'est déjà engagée, dans le cadre d’une directive européenne, à porter la part des énergies renouvelables à 21% dans sa production d'électricité à partir des 12 à 14% actuels que représente l'hydroélectricité. Madame Royal semble donc envisager de poursuivre la politique du gouvernement actuel qui s'est traduit par la programmation de 17 milliards de Watts en production éolienne d'ici 2015, pour un coût et avec des modalités de soutien que nous avons déjà dénoncées (voir nos communiqués du 15 avril 2007 et du
8 novembre 2006
). Nous avons déjà réclamé à plusieurs reprises que ce développement de la production éolienne soit soumis à débat public, au même titre d'ailleurs que celui des capacités de production par des centrales à gaz ou à charbon.

Il est important de remarquer que la diminution de la part du nucléaire entraînée par le développement de l'éolien ne pourra pas se faire par une diminution de la puissance nucléaire installée, puisque celle-ci restera nécessaire dans les périodes de faible production éolienne (manque de vent), mais se traduira par une diminution de la productivité des centrales nucléaires ou par une augmentation des exportations de courant. En aucun cas, en terme de puissance installée, un parc éolien ne saurait remplacer des centrales nucléaires. Seules des centrales à gaz, à pétrole ou à charbon pourraient le faire. Il devient fatigant de devoir répéter de telles évidences!

Enfin Madame Royal a clairement annoncé son intention d'abroger le décret de construction de l'EPR, en soumettant celle-ci à un nouveau débat public. Dans la mesure où elle n'envisage pas de "sortir du nucléaire" il nous semble que cette prise position est incohérente. En effet, qu'apporterait ce nouveau débat qu'on ne trouve déjà sur le site de la Commission Particulière du Débat Public (http://www.debatpublic-epr.org/) et dans les rapports de l'OPECST ? Madame Royal a eu l'opportunité de participer au Débat Public de 2005-2006 sur l'EPR. Il ne semble pas qu'à l'époque ce débat ait beaucoup éveillé son attention, puisque les questions qu'elle pose sur le coût de l'équipement (rentable puisque l'électricité qu'il produira est, actuellement, la moins chère) et sur l'opportunité de passer directement à la Génération 4 y ont été amplement discutées. Ou bien, un débat public sur l'EPR devrait-il obligatoirement inclure une compétition d'acrobaties sur les pylônes électriques ou les grues de chantier pour être valable?

L'avenir énergétique de la France est une question trop importante pour être soumise à des agitations médiatiques et populistes. Nous comptons sur Ségolène Royal pour qu'elle s'élève à la hauteur de la fonction à laquelle elle est candidate et qu'elle ne se laisse pas influencer par ces pressions.


 

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