AccueilBase documentaireLe renouvelable : une autre approche - Patrick JOURDE

Le renouvelable : une autre approche - Patrick JOURDE

  • Publié le 1 mars 2005
Patrick JOURDE
  • Electricité
  • Eolien et solaire
  • Production d’énergie

 

Patrick JOURDE : Le renouvelable : une autre approche

 

Le renouvelable : Intermittence, régulation et stockage

1/ Une intermittence difficilement gérable à grande échelle

Dés aujourd’hui, les 34 Gigawatts éoliens installés en Europe à fin 2004 sont assez difficiles à gérer puisqu’ils fonctionnent au mieux un quart du temps. La régulation est faite par les centrales thermiques qui sont abondantes dans les pays du Nord. Donc on pourrait continuer la croissance éolienne dans ces pays. Mais on arrive progressivement à la saturation des bons sites dans ces pays du Nord, sauf en Grande Bretagne. Le nucléaire n’a pas vocation de réguler pour concourir à la baisse du CO2, puisque la méthode la plus économique pour réduire ces émissions est de le faire fonctionner à pleine charge.

2/ Mauvais côté : ¼ de renouvelable = ¾ fossiles ou hydraulique

L’éolien crée en Europe du nord une situation où les centrales thermiques fourniraient pour l’éternité les 3/4 de l’énergie, sauf à développer des solutions de stockage massif type civilisation de l’hydrogène, encore fort hypothétiques. Les Redox, air comprimé, re turbinage hydraulique n’y répondent pas vraiment pour diverses raisons (techniques ou capacités possibles). Par contre, quand une capacité importante en barrage hydraulique à grosse retenue existe, le cocktail ¼ éolien ou solaire, ¾ hydraulique est possible.

3/ Bon côté : création d’emplois

L’éolien a créé en Europe en 2002 (chiffre EREC) 72 000 emplois. Le C.A. de l’éolien allemand en 2003 s’élève à 4,2 G€., à comparer au 1G€ et 14 000 emplois du PhotoVoltaïque allemand en 2004. Ces secteurs explosent, sans les Français.

4/ Le stockage : La grande question et le grand marché méconnu

Le stockage électrochimique (Pb et Li) est utilisé pour la régulation des réseaux, l’habitat autonome partiellement (France) ou totalement (Afrique), et aussi pour le transport (véhicule hybride à fonctionnement 80% électrique réseau). Le secteur du stockage Pb est à acheter à la casse (Exide, n°1 mondial en faillite, Métal Europe fermé, etc...) alors qu’il dominera pour longtemps des applications stationnaires qui seront en croissance exponentielle dans le futur. Nous sommes leader de la R&D en ce domaine. S’il est une carte à jouer, sans aucune concurrence, elle est là.

5/ Subventions ou idées innovantes

Ces amendements pourraient créer en France, dès 2010, 3G€ / an d’activités et 12 000 emplois.

  1. Le stockage : La grande question et le grand marché méconnu
  2. L’éolien allemand est assez fortement subventionné : € 1,4 milliard en 2004, 5,4 milliards prévus en 2015 assumés en final par les clients des distributeurs d’électricité. Le PhotoVoltaïque allemand l’est encore plus, hypothéquant l’avenir. Les Japonais font disparaître les subventions, le prix du kWh PhotoVoltaïque devenant proche de celui, élevé, du kWh vendu sur le réseau japonais (0.25€/kWh). En France ces dernières années dans certaines régions, les subventions étaient plutôt supérieures à celles en Allemagne. Sans grands résultats, car l’obtention de la subvention était un parcours dissuasif. Les crédits d’impôts qui "détaxent" à posteriori (taux 25 et 40%) les remplaceront dés 2005. Faut-il pour autant absolument subventionner en France ?
  3. Les idées françaises
  4. La France a été aussi le pionnier du solaire et privilégie des idées liées à cette expérience. Le parlement français devrait, dans la loi sur l’énergie, adopter en solaire deux amendements issus des travaux de l’OPECST, pour des équipements ou concept innovants n’ayant pas besoin de subvention pour être compétitif. :
    • "Face Sud" pour 50 000 toits/an hybrides PhotoVoltaïque/thermiques. Le toit assurant 3 fonctions : couverture, chauffage, production d’électricité, est rapidement amorti.
    • le solaire pour le développement" électrifiant 300 millions de villageois moyennant un prêt d’un milliard d’euros sous forme de micro crédits. Le processus est un autofinancement par les villageois, le PhotoVoltaïque étant en effet 4 fois moins cher que leurs dépenses actuelles en bougies, piles, kérosène. Il est basé sur un développement totalement en solaire autonome sans réseau électrique. Ce deuxième amendement a été adopté en commission en mars 2005.
  5. L’expansion mondiale du photovoltaïque
  6. L’expansion ultérieure mondiale du photovoltaïque, et du stockage associé, est d’un facteur 10 tous les 10 ans. C’est un des plus grands gisements d’emploi futur (15 emplois/MW aujourd’hui, 2/MW dans 30 ans. La CEE prévoit en 2030 1000 GW installé dans le monde. Le marché devrait plafonner à 1000 GW/an vers 2035/2040 soit l’équivalent en productible de 200 tranches nucléaires/an d’1 GW. Ces prévisions convergentes des autorités et industriels des USA (DOE), du Japon (Nedo), de la CEE, sont elles crédibles ? A ce jour, le PhotoVoltaïque a toujours dépassé les prévisions de croissance. Il n’y a aucun gap technique à franchir. Les probables gaps seront autant de bons arguments en supplément. Contrairement aux idées reçues, le prix n’est pas un frein. Le PhotoVoltaïque est sans concurrent là où le réseau n’existe pas et le sera bientôt pour faire des toits.
  7. Les Énergies Renouvelables doivent intégrer le coût du stockage et en utiliser les vertus
  8. L’intermittence bien sûr est le principal maillon faible des Énergies Renouvelables. Elle nécessite un stockage électrique. Le PhotoVoltaïque l’intègre pour la majorité de ses applications. Le Sud non électrifié aujourd’hui se développera pour la totalité de ses besoins en autonome, avec stockage systématique et sans réseau. Le générateur PhotoVoltaïque sur un toit allemand à la taille d’un générateur pour une ferme ou un atelier du Sud. Des millions de toits PhotoVoltaïque au Nord nécessitent une régulation du réseau, comme pour l’éolien. Elle viendra en partie d’un stockage batterie en sécurité dans chaque maison, réseau continu assurant les services minimums en cas de coupure. La coupure étant un risque croissant sur un réseau. Peut-être aussi des véhicules « soft hybrides » à 30/40 km d’autonomie électrique, rechargeables en plein jour (sur PhotoVoltaïque) et pleine nuit
ARTICLES

Imprimer E-mail