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L’offensive contre le chauffage électrique : Petits calculs et grandes magouilles

  • Publié le 19 février 2008
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L’offensive contre le chauffage électrique : Petits calculs et grandes magouilles

Un récent rapport  de RTE et de l'ADEME, repris par un journaliste du « Monde » et, largement, par les associations antinucléaires sur leurs sites Internet, a marqué une nouvelle offensive contre le chauffage électrique sous prétexte que ce chauffage conduirait à la mise en oeuvre de moyens de production électrique de pointe, essentiellement  de centrales à charbon et à gaz. De plus ce rapport considère non pas la structure de la production électrique française pour estimer le contenu en CO2 du kWh que nous achetons, mais celle de l’Europe.

« Sauvons le Climat » a consacré deux études à cette question qui réservent bien des surprises. Nous montrons, tout d’abord, que le passage de l’étude ADEME-EDF de 2005 qui concluait que le contenu en CO2 du kWh électrique était maximum pour le chauffage et atteignait 180 gCO2/kWh à l’étude ADEME-RTE qui retient, toujours pour le chauffage, une valeur de 600 gCO2/kWh n’est absolument pas justifié car il fait l’hypothèse d’un réseau européen complètement  unifié où les électrons produits en Pologne seraient aussi bien utilisés sur place qu’en Irlande. Les hypothèses adoptées dans la dernière étude  conduiraient en fait à supposer que la moitié de la production nucléaire française serait exportée vers l’ensemble de l’Europe alors que la France importerait une quantité équivalente d’électricité produite avec des combustibles fossiles et, au demeurant, beaucoup plus chère.

(voir l'étude de Pierre BACHER "Contenu en CO2 du chauffage électrique")

Notre analyse précise de la production électrique au cours de l’année 2007 montre, par ailleurs, que même les conclusions de l’étude ADEME-EDF de 2005 sont erronées. Cette étude fait, en effet, deux suppositions :

1.      Que la demande de pointe d’électricité est assurée pour l’essentiel, en France, par les centrales à charbon et gaz.

2.      Que le chauffage électrique est responsable de cette demande de pointe.

Or ces deux propositions sont fausses. Une comparaison détaillée des productions fossiles, nucléaires, hydrauliques montre, en effet, que les productions nucléaires et fossiles ont des caractéristiques comparables, alors que l’hydraulique est, de loin, le principal contributeur à la production de pointe. En hiver, la production des centrales thermiques présente des minima marqués pendant les week-end et les nuits, c’est à dire lorsque la part du chauffage  électrique résidentiel est maximum. En l’absence de chauffage électrique les minima de consommation pendant les week-end et les nuits seraient encore plus marqués. C’est bien pourquoi EDF avait encouragé le chauffage électrique aux heures creuses afin de  rentabiliser des investissements nucléaires réalisés pour faire face à aux besoins de l’activité économique.

(voir l'étude de Hervé NIFENECKER "L'offensive contre le chauffage électrique") :

Les caractéristiques relativement semblables de la production des centrales à gaz et charbon d’une part, de celle des centrales nucléaires d’autre part, montrent que la première pourrait facilement être remplacée par la seconde moyennant la construction d’environ 4 EPR. Ainsi serait mis fin à la polémique sur les émissions de CO2 par le chauffage électrique et en outre les caractéristiques d’émission de gaz à effet de serre de la filière électrique française s’en trouveraient améliorées.

Ajoutons que l’utilité des calculs du contenu en CO2 du kWh  est très discutable puisque la contribution de chaque pays aux émissions de gaz à effet de serre est calculée à partir de la consommation de combustibles fossiles sur son sol. La consommation d’électricité ne contribue pas à ce bilan, au contraire de la production d’électricité dans les centrales à combustibles fossiles. Le calcul du contenu en CO2 est, en fait, une façon de transférer la responsabilité  des producteurs d’électricité vers le consommateur que l’on culpabilise ainsi, en lieu et place desdits producteurs. C’est aussi l’expression de la vieille tradition anti-nucléaire de l’ADEME et une manière d’encourager l’usage du gaz, bien que celui-ci contribue aux émissions de CO2.

Ce point est aussi explicité dans l'étude de Hervé NIFENECKER "L'offensive contre le chauffage électrique" :

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