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Le CO2 ne menace pas que le climat

  • Publié le 3 janvier 2009
SLC
  • Gaz à effet de serre

L’Union Européenne de Géophysique jette un cri d’alarme (http://www.egu.eu/statements/egu-position-statement-on-ocean-acidification.html ) sur une conséquence  trop souvent méconnue des émissions de CO2 dans l’atmosphère, l’acidification des océans :

« Les impacts de l’acidification de l’océan peuvent  être aussi graves que ceux du réchauffement global dû aux activités humaines qui se superposent à la variabilité naturelle). La combinaison des deux effets risque d’en exacerber les conséquences, conduisant éventuellement à des changements profonds dans les écosystèmes marins et dans les profits qu’en tire l’humanité”. 

Sauvons Le Climat s’était déjà fait l’écho en 2007 des préoccupations des océanographes sur l’acidification de l’eau de mer ( https://www.sauvonsleclimat.org/images/articles/pdf_files/etudes/Poitou-Acidification%20eau%20de%20mer.pdf )[1].

L’océan mondial nous a rendu service en absorbant environ un tiers du dioxyde de carbone que l’humanité a injecté dans l’atmosphère depuis le début de l’ère industrielle, limitant ainsi l’impact climatique de ces émissions. Mais les quelques 430 milliards de tonne ainsi absorbés ont déjà conduit à une augmentation de l’acidité de l’océan[2], le pH des eaux de surface passant de 8,21 à 8,10. Avec l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère, on peut craindre une chute du pH jusqu’à 7,7 à la fin du XXIème siècle.

A ces pH,  l’aragonite une des  formes de calcaire, dont sont faits les coquilles ou les exosquelettes d’animaux marins (coraux, coquillages, plancton), est soluble dans l’eau de mer. Ces animaux sont alors très fragilisés et éventuellement ne peuvent plus se reproduire. Sont particulièrement concernées des espèces à la base de toute la chaîne alimentaire, mettant ainsi en péril des espèces majeures de poissons ou de grands mammifères marins. Les premiers effets de l’acidification sur les organismes marins se font déjà sentir dans les hautes latitudes[3].

Une raréfaction des coquillages, des coraux[4], ou des poissons peut avoir des conséquences catastrophiques pour l’homme : mise en péril des activités de pêche, souvent la seule ressource de nombreuses populations, mais aussi déstabilisation de régions côtières privées de la protection naturelle que leur offrait la barrière de corail, et impact sur l’activité touristique de régions perdant de fait leur attrait naturel.

Ainsi, outre le réchauffement  en cours et les risques de changements importants  du climat qui peuvent en résulter, les émissions de CO2 risquent de produire des modifications des écosystèmes marins aux conséquences dramatiques pour l’humanité. 

L’acidification de l’océan suit fidèlement la quantité totale de CO2 accumulée dans l’atmosphère par l’humanité.  Le seul moyen pour limiter cette acidification est de limiter dès maintenant nos émissions de CO2.

 



[1] Consulter ce texte pour des informations scientifiques plus précises.

[2] Il y a un siècle, les chimistes ne parlait pas de dioxyde de carbone mais d’acide carbonique, à cause de la propriété du CO2 d’acidifier l’eau dans laquelle il se dissout.

[3] Dès que les coquilles d’animaux morts tombant vers le fond de l’océan atteignent une profondeur où l’aragonite devient soluble, ces coquilles s’altèrent très vite. Or la profondeur limite ne cesse de monter, particulièrement aux hautes latitudes.

[4] On constate depuis une trentaine d’année une diminution notable de la croissance de coraux dans la barrière corallienne australienne ou aux Barbades, sans qu’on puisse affirmer avec certitude si c’est une conséquence de l’acidification de l’océan ou de l’augmentation de la température de l’eau.

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