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Intervention d'Éric MAUCORT à la conférence d'Helsinki

  • Publié le 16 novembre 2019
Éric MAUCORT
  • Energies fossiles
  • Nucléaire
  • CO2 et GES
  • Production d’énergie
  • La Transition Energétique

Le Président de "Sauvons le climat", Eric Maucort, a participé à la conférence d’Helsinki les 12 et 13 novembre 2019, organisée par notre partenaire « Confrontations Europe », et consacrée au nouveau nucléaire. Voici un résumé de son intervention.

 

LES ENTRETIENS EUROPÉENS   Helsinki 12-13/11/2019

Le nouveau nucléaire : Une réponse aux mutations électriques de nos sociétés ?  pdfclic

 

Sujet de la table ronde : Les réponses du secteur énergétique : neutralité ou diversité décarbonée ? Les enjeux du court et du long terme : rendre compatibles l’efficacité de l’usage et celle de la production.

Question posée : La Commission européenne se prononce pour une « neutralité énergétique » et le « libre choix » des États de leur mix énergétique. Or, l’objectif contraignant de 30 % d’énergies renouvelables en 2030 (50 % en 2050) n’est pas un choix de « neutralité énergétique ». Pire, cette option a un impact sur les autres sources décarbonées comme sur le nucléaire, ou la capture et le stockage du CO2 (CCS) dont on a arrêté les projets pilotes. Pour faire face aux défis, n’avons-nous pas besoin d’un renouveau industriel compétitif (et solidaire) valorisant toutes les énergies décarbonées (Énergies de la mer, photovoltaïque de deuxième génération, smart grids, CCS, nucléaire, « l’efficacité » nécessitant elle-même la création de nouveaux acteurs dans les filières industrielles … ) ? Comment sortir de la neutralité pour assumer la diversité du mix décarboné en Europe ?

 

Intervention d'Éric MAUCORT : « Sauvons Le Climat » analyse la situation en Europe au regard de ses convictions : l’importance de la question climatique et la nécessité de s’appuyer sur les réalités techniques et scientifiques pour la traiter.

- L’Europe veut s’afficher comme un leader mondial (1er continent neutre en carbone) : le dire, c’est bien, le faire c’est mieux.

- Le paysage actuel est fait de fortes disparités liées aux ressources et aux histoires des pays. Les émissions annuelles des européens sont très variables : suédois 4 t/an, français 5, polonais 8, allemand 9...

- L’Europe fixe une ambition collective et affiche une neutralité de moyens.

  • donc on ne dit rien sur le charbon alors qu’on sait qu’il faut en sortir le plus vite possible.
  • on ne dit rien sur le gaz dit naturel, alors qu’il n’a qu’une place provisoire mais pas à la cible
  • on ne dit officiellement rien sur le nucléaire alors qu’il assure 25 % de l’électricité en Europe et 50 % de l’électricité décarbonée : 126 réacteurs dans 14 pays. Les pays qui n’en n’ont pas ne bénéficient pas de cet atout et contribuent à lui mettre des bâtons dans les roues : accès aux financements, coefficient d’énergie primaire ...
  • et on parle beaucoup de renouvelables et d’efficacité énergétique parce que ça fait consensus. Mais ce n'est pas le consensus mou qui réglera le problème climatique.

- On affiche donc la neutralité des moyens, mais on a choisi ceux qui doivent gagner (renouvelables et efficacité énergétique) ... alors que les états qui les déploient le plus sont loin d’être les meilleurs en émissions.

J’entends la commission qui dit que c’est politique et compliqué, mais la planète ne l’entend pas et le climat continue à se dégrader.

- On doit faire mieux que de se chamailler des heures pour savoir si on doit viser 27 ou 28 % d’EnR.

Pour cela :

  • fixer un objectif européen ambitieux
  • agréger les contributions de tous les pays en itérant jusqu’à atteindre l’objectif (cela nécessite la confiance entre les États, mais si il n’y a pas de confiance, inutile de faire l’Europe)
  • agir vite: une tonne économisée aujourd’hui à beaucoup plus de valeur qu’une tonne que l’on espère économiser après-demain
  • interdire toute nouvelle construction de centrale charbon
  • interdire toute centrale qui dégrade le bilan. Le gaz peut remplacer le charbon, mais si ce n’est pas le cas, une nouvelle centrale gaz doit être associée au développement de suffisamment de production décarbonée pour ne pas dégrader le bilan global
  • utiliser tous les leviers pertinents
  • organiser les solidarités face aux différences de situation : s’entraider au lieu de se chamailler.

- L’Europe doit aussi organiser des politiques industrielles communes : conforter absolument celles qui existent dans le nucléaire et l’éolien ; ne pas rêver, il sera impossible de rattraper le retard pour la production de panneaux solaires et des batteries sur les technologies actuelles ; mutualiser pour créer des filières industrielles sur les solutions de demain: EnR thermiques, PV de demain, batteries post Li-ion, nouveau nucléaire (qui devra démontrer sa compétitivité) dont les SMR, ...

L’Europe doit être groupée et chasser en meute, ce n’est pas le cas aujourd’hui où c’est chacun pour soi.

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