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Trajectoires d'évolution du mix électrique 2020-2060 : une opération de communication de l'ADEME, en aucun cas une étude éclairant l'horizon

  • Publié le 27 février 2019
Georges SAPY
  • Economie
  • Electricité nucléaire
  • La Transition Energétique
  • Energies renouvelables

Trajectoires d'évolution du mix électrique 2020-2060 : une opération de communication de l'ADEME, en aucun cas une étude éclairant l'horizon

En décembre dernier, l'ADEME a publié son étude « Trajectoires d'évolution du mix électrique 2020-2060 » dans le but, conformément à ses missions, « d’apporter à l’État et à l’ensemble des parties prenantes des éléments techniques permettant d’éclairer, au moins partiellement, les choix à faire ». Cette étude a fait l'objet de nombreuses analyses critiques, en particulier d'une étude approfondie de l’Académie des Technologies publiée fin janvier.

« Sauvons Le Climat » a mené sa propre analyse et doit conclure que, contrairement à la plupart des études de l’ADEME qui sont de bonne qualité et permettent des comparaisons fructueuses avec d’autres études, cette étude particulière interroge sérieusement par ses nombreux aspects théoriques. On y relève en particulier des écarts notables par rapport à la réalité et, même pour une simple prospective, des hypothèses hasardeuses, tant scientifiques qu’économiques :

  • La persistance de l’absence de priorité accordée à la réduction des émissions de CO2, en contradiction avec la réaffirmation de cette priorité climatique au plus haut niveau de l’État.
  • Le flou, accentué par l’absence de publication des études support détaillées, concernant en particulier la part de l'électricité d'origine bio-sourcée et celle du stockage de l'électricité.
  • Le parti pris systématique en faveur des énergies renouvelables, avec des coûts surestimés pour le nucléaire et sous-estimés pour les énergies renouvelables intermittentes. Comme l'a déjà dénoncé « Sauvons Le Climat», l’ADEME reproche de facto au nucléaire actuel d’être... trop compétitif !!! Ce qui aurait, selon elle, pour conséquences d’augmenter les émissions de CO2 et de maintenir des prix de l’électricité trop bas, retardant ainsi la fin des subventions des énergies intermittentes !
  • La persistance de certains dénis de réalité comme l'affirmation « qu’il y a toujours du vent quelque part en Europe».
  • La légèreté de l'analyse sur la stabilité du réseau, qui est un point technique majeur, et cette affirmation, non fondée à ce jour : « même avec 87 % d’EnR en Europe continentale en 2050, il serait possible [...] de maintenir en fonctionnement une puissance synchrone suffisante pour assurer la stabilité du réseau », tout en précisant que « des analyses supplémentaires seraient nécessaires pour approfondir cet aspect du système électrique ».
  • Enfin la prise en compte très hasardeuse de consommations d’électricité censées devenir aussi « flexibles» que les productions de l’éolien et du photovoltaïque sont intermittentes et aléatoires, inversant la logique universelle normale voulant que la production s’adapte à la consommation et non le contraire...

« Sauvons le Climat » s'étonne qu’une étude aussi éloignée des réalités soit publiée par une agence chargée d’orienter la politique énergétique en amont d’un débat sur la Programmation Pluriannuelle de l’Energie, avant d’avoir été soumise à des revues critiques externes, et sans publication des études support détaillées. 

Cette étude vise à promouvoir un futur électrique quasiment totalement renouvelable, quel qu’en soit le coût, en gaspillant nos atouts actuels. Ce n'est pas l'optimisation économique du système électrique français qui est recherchée, mais l'optimisation économique (par ailleurs très optimiste) du développement des différentes filières EnR dans le système électrique français. Ce brouillage du message est d’autant plus problématique que cette étude n’apporte aucune plus-value technico-économique réelle pouvant constituer une aide aux décisions stratégiques de long terme.

Sur la base de son analyse détaillée, « Sauvons Le Climat » considère que cette étude relève d’une opération de communication qui ne permet en aucune façon « d’éclairer l’horizon du système électrique français et européen jusqu’en 2060 ».

Document complet au format pdf : analyse de Georges SAPY

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