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ITER à Cadarache

  • Publié le 2 juillet 2005
SLC
  • Energie dans les transports
  • Nucléaire
  • Production d’énergie

 

Hervé Nifenecker, Secrétaire général du collectif Sauvons le Climat

 

Le collectif « Sauvons le Climat » apprécie positivement la décision de construire la machine à fusion contrôlée ITER sur le site de Cadarache. Cette décision est un succès diplomatique pour l'Union Européenne, « pays » hôte, la France et la région PACA. ITER sera le premier grand instrument technologique réalisé par une collaboration pratiquement mondiale, ce dont on ne peut que se réjouir avec l'espoir qu'il ne sera pas le dernier.

ITER doit être considéré comme une expérience technologique majeure qui permettra des études indispensables pour juger de la faisabilité d'une réalisation industrielle d'un réacteur à fusion nucléaire capable de produire de l'électricité en quantité importante et dans des conditions économiques satisfaisantes. Les défis à relever sont nombreux et difficiles : maintien du plasma deutérium-tritium à une température suffisante pendant une durée suffisante pour assurer une production nette d'énergie, extraction de la chaleur du plasma, récupération de l'énergie des neutrons produits dans la réaction de fusion, limitation des transferts de chaleur vers les aimants supraconducteurs, vérification de la résistance des éléments de structure à une irradiation neutronique très intense, démonstration de la régénération du tritium à partir du lithium 6 de la couverture etc. Nul doute qu'ITER comme ses prédécesseurs JET et TORE-SUPRA fournira beaucoup de travail à de nombreux scientifiques pendant longtemps.

Malgré son appréciation positive « Sauvons le Climat » rappelle qu'ITER ne sera pas une installation de production d'électricité. Les futurs réacteurs à fusion nucléaire ne pourront, éventuellement, contribuer significativement à la production d'électricité que dans le quatrième quart du siècle au plus tôt. La construction d'ITER ne doit donc, d'aucune manière, servir d'alibi pour ralentir et remettre à plus tard la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. Les efforts pour la sobriété énergétique doivent être poursuivis et amplifiés tout comme le recours aux énergies non productrices de gaz à effet de serre, nucléaires et renouvelables. « Sauvons le Climat » souligne ici l'urgence d'un soutien décidé des pays développés au développement du solaire photovoltaïque dans les régions dépourvues de réseau.

Pour le moyen terme il serait regrettable que l'effort de R et D à long terme que représente ITER nuise aux efforts de R et D sur les véhicules électriques et(ou) hybrides, le stockage de l'énergie qui conditionne le développement des énergies renouvelables intermittentes, la séparation et la séquestration du gaz carbonique et la mise au point rapide de réacteurs surgénérateurs à fission qui utilisent de façon efficiente l'Uranium et le Thorium et élèvent les ressources « fissiles » à un niveau comparable aux ressources « fusibles » (lithium 6).

 

Le collectif Sauvons le climat, fondé en mai 2004, a pour ambition d'informer nos concitoyens, de manière indépendante de tout groupe de pression ou parti politique, sur les problèmes relatifs au réchauffement climatique et sur les solutions proposées pour le ralentir. Il est doté d'un comité scientifique, présidé par Michel Petit, ancien responsable du groupe français d'experts au GIEC. Son manifeste a déjà été signé par plus de 2000 personnes.

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