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Photovoltaïque - fiche n°3

Claude ACKET
  • Electricité
  • Eolien et solaire

 

 

Nous décrivons ici une installation photovoltaïque typique de 3 kWc, installée en région parisienne, afin d’en préciser les caractéristiques, le coût et les performances.

 

Les chiffres dans d’autres régions peuvent varier +/- 15% environ selon la région et son ensoleillement, ce qui ne modifie pas sensiblement les conclusions auxquelles nous parvenons.

 

Matériel

L'installation décrite est composée de 12 panneaux modèles CNPV 250 M en silicium monocristallin de fabrication chinoise installés sur le toit de l’habitation (250Wc par panneau) et un onduleur de fabrication allemande de 3 kW.

La surface des capteurs est de : 19,6 m2 (12 panneaux de 1,6 m2).

Par rapport à d'autres installations solaires photovoltaïques, l'orientation de la maison est plutôt bonne, sans masque solaire (ombres diverses), orientation sud-sud-ouest et pente de  toit de 35° par rapport à l'horizontale (l’optimum théorique de 48 ° ne donnerait que quelques pour cent de plus).

Mise en place faite en automne 2010.

En théorie (devis de l'installateur) l'installation devrait produire 2 670 kWh par an. Cette estimation tient compte de l'orientation et de l'inclinaison du  toit, de la température en région parisienne, de la réflectance angulaire des panneaux, des pertes électriques du câble et de  l'onduleur, avec l'application d'un coefficient de correction de 0,89  (par rapport au maximum théorique que peuvent produire ces panneaux dans  des conditions optimales), soit 11% de pertes avant de parvenir au  compteur de revente.

 

Les panneaux chinois CNPV sont conformes à toutes les normes européennes, avec certificats en bonne et due forme dans toutes les langues et agrément de laboratoires de contrôle européens (Bureau Veritas, Certificats de conformité électrique CE, normes électromagnétiques CE, etc.). Les panneaux ont l'air d'être de bonne fabrication à vue d'œil.

 

Garanties

- La garantie est de 5 ans sur le matériel onduleur et panneaux (mentionné par écrit sur le devis de l'installateur).

Les panneaux sont censés durer au moins 20 ans, voire davantage avec une production se réduisant sur la fin, avec un  rendement qui devrait atteindre 90% de la puissance nominale à 12 ans et 80% à 25 ans (mentionné sur le devis de  l'installateur).

(Il faut toutefois considérer que la durée de vie d’un onduleur est de l’ordre de 10 ans)

- Garantie décennale sur l'étanchéité avec main d'œuvre (pour  l'étanchéité on comprend que l'installateur revient avec son échelle, remettre les tuiles en place s'il y a une fuite ou un problème d’infiltration d'eau).

 

Financement

Prix total pour panneaux, onduleur et main d'œuvre :15 000 € TTC (dont 12 000 € facturés pour les panneaux et 3 000 € pour la main d’œuvre).

Frais supplémentaires raccordement ERDF : 463 €.

 

Les aides :

Les aides sont variables selon les régions. Pour cette installation en île de France :

- Avantage fiscal (pour un couple) : 6 000 € (50% de 12 000 €)

Il faut rappeler que l’avantage fiscal se montait début 2010 à 50% du prix matériel, plafonné à 16 000 € pour un couple et somme majorée de 400 € par enfant ou personne à charge.

La répartition entre la main d'œuvre et le prix des panneaux sur le devis et la facture de l'installateur est plus ou moins «  bidon » (elle se discute avec l'installateur pour profiter au maximum du crédit d’impôt, tout en restant dans des limites raisonnables). Rien à voir avec le prix réel d'achat des panneaux par l'installateur au fabricant chinois ou à l'importateur.  Le prix des panneaux est généralement surestimé (souvent d'un facteur 2 environ) sur le devis, les prix de la main d'œuvre et des panneaux peuvent facilement varier en sens contraire de manière à optimiser les subventions.

Nota : le taux de 50 % vient d’être baissé à 25 % en septembre 2010,

 

- Aide locale : 750 € du Conseil Régional en Ile de France, venant en déduction du prix de la main d'œuvre (dans la limite du montant de la main d’œuvre).

Ceci donne un coût à la charge du propriétaire de 8 713 €

 

Retour sur investissement

Vente théorique annuelle de 2 670 kWh /an au taux de 58 c€ / kWh soit 1 548 €/an, desquels il faut déduire 58 € de  taxe de location de compteur ERDF.

Il faut rappeler que le coût moyen de l’électricité à la production est de 5 c€/kWh.

L’entrée financière nette est de 1 490 €/an, soit 17 % de la mise.

Un calcul simple de retour sur investissement hors prise en compte de l’indexation  donne 5.8 ans.

En prenant en compte une indexation de 4%, sur une durée de 20 ans, le gain serait de 17 079  €. Pour un placement de  8 713 €, le capital devrait quasiment tripler en 20 ans : il s’agit d’un excellent placement financier ! (aux dépens des autres citoyens).

Si on considère que l'onduleur peut devoir être remplacé à  mi-parcours au bout de 10-12 ans, il faut ajouter alors de 500  à 1000 €  pour le matériel + le déplacement de l'électricien. Mais ceci n’entame guère le rendement financier de l’opération.

 

Notas :

- Les revenus de la vente d'électricité sont versés par  ERDF sous la forme d'un chèque ou d'un virement une fois par an. Les  sommes ainsi versées ne sont pas imposables sur le  revenu et ne subissent aucun impôt, ni TVA, ni CSG, ni charges sociales,  ni retenue.

 

- Aujourd’hui le même type d’installation ne bénéficie plus que d’un crédit d’impôt de 3 000 € (le montant du crédit d’impôt pour les particuliers installant un système photovoltaique ayant été diminué de moitié en septembre 2010). Ceci conduirait à un doublement du capital en 20 ans.

 

Bénéfice écologique/ économies de CO2

Ce bénéfice est chiffré par l'installateur à 668 kg par an (mentionné sur le devis). Pour 2670 kWh produits/an, cela fait 250 g de CO2/ kWh.

Or en France la production totale d’électricité de 575 TWh repose sur le nucléaire (77 %) sur les renouvelables (13 %) et seulement pour 10 % sur les combustibles fossiles. Ces derniers rejettent 43 millions de tonnes de gaz carbonique par an, soit 74 g de CO2par kWh. Nous sommes loin des 250 g de CO2 par kWh annoncés par l’installateur. Mais le chiffre réel est encore plus faible en considérant que le photovoltaïque produit essentiellement en été, à une période de l’année où les centrales fossiles fonctionnent au ralenti. En retenant par excès néanmoins74 g de CO2par kWh, ce serait, au maximum, environ 200 kilos de CO2par an non rejetés.

Les chiffres de l’installateur sont basés (sans le dire) sur les émissions de CO2non pas françaises mais sur une moyenne du mix électrique européen (environ 250 g de CO2 par kWh), dans lequel il y a prédominance du charbon allemand, au lieu de prendre en considération le mix électrique français, beaucoup moins émetteur de CO2 (plus de 5 fois moins). Petite astuce qui permet à l'installateur d'enjoliver un peu la situation et le bilan écologique qu'il vend.

Pour un investissement total de 15 463 €, sur la base d’une durée de vie des panneaux de 20 ans (qui correspond aussi à la durée de l’obligation d’achat), cela revient à payer 5 644 € la tonne de CO2économisée.

Mais il faut noter que si l’on prenait en compte le CO2 émis lors de la fabrication des panneaux qui est estimé entre 60 et 150 g/kWh (ce dernier chiffre de 150 devant s’appliquer à la Chine), on voit que globalement dans le cas de panneaux de fabrication chinoise installés en France (cas de figure très fréquent) le soi-disant gain de CO2 est en réalité négatif : les panneaux émettent plus de CO2lors de leur fabrication en Chine (le double) qu’ils n’en économisent en France pendant toute leur durée de vie !

 

D’autres solutions beaucoup moins couteuses, à budget global sensiblement égal, permettant de vraiment réduire les rejets de CO2bien plus efficacement. A titre d’exemples :

 

- Voir fiche pompe à chaleur n°6

Un investissement total (hors aides) de 14 000 € pour des travaux d’isolation légers (combles) et mise en place d’une pompe à chaleur air/eau en remplacement d’une chaudière gaz donne un gain annuel de 5 tonnes de CO2, soit sur 20 ans à 4 % , un coût de 200 €/tonne de CO2.

Des résultats 28 fois meilleurs (en tonnes de CO2 économisées) pour le même investissement financier.

 

- Voir fiche eau chaude solaire n°1.

Un investissement total (hors aides) de 6 200 € sur un chauffe-eau solaire (ECS) permet d’économiser 437 kg de CO2. Cela donne la tonne de CO2à 1 035 €.

 

- Fiche à paraître : chauffage solaire

Un investissement de 15 000 € pour 12 m² de panneaux solaires thermiques donne un gain de rejet de 3.4 tonnes par an. Cela donne une tonne de CO2 à 322 €.

Fiches pratiques

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