Sauvons le climat

 

Décembre 2025

Souvenons-nous : le 12 décembre 2015, Laurent Fabius abaissait son marteau de Président de la COP 21 pour annoncer que l’accord de Paris sur la lutte contre le changement climatique était adopté à l’unanimité des 195 parties prenantes.

La France avait relevé ce défi que beaucoup pensaient impossible : aligner chaque pays de la planète sur une trajectoire de baisse des émissions de gaz à effet de serre. Bien sûr, l’Accord était basé sur des contributions volontaires non contraignantes, mais comment faire mieux quand personne ne dispose de moyen de rétorsion sur les autres ?

Les observateurs avertis avaient, à juste titre, salué une immense victoire de la diplomatie française, loin des diktats politico-écolo-technocratiques en vogue à l’époque au ministère de l’Écologie (ceux-là même qui venaient de faire voter la Loi TECV qui affichait la fermeture quasi immédiate des 2 réacteurs nucléaires de Fessenheim et de 12 autres avant 2025, c’est-à-dire avant aujourd’hui …). C’est bien cette méthode diplomatique déployée avec insistance, persévérance et savoir-faire sous la coupe du ministère des Affaires Etrangères qui a été la clé de la réussite.

Année après année, les COP se sont succédé aux quatre coins du monde, accumulant les espoirs et les déceptions et bien loin de confirmer la dynamique initiée à Paris. Le grand barnum organisé cette année en bordure de la forêt amazonienne, annoncé comme « la COP de la vérité » a été à l’image des précédentes.

La trajectoire ambitieuse (annoncée comme telle dès Paris) de limitation du réchauffement à 1,5°C est oubliée et déjà dépassée. Il faudrait pour cela baisser les émissions de 60 % d’ici 2035 alors que les perspectives actuelles les plus optimistes de la Convention Cadre de l’ONU pour les Changements Climatiques espèrent 10 %.

Le mécanisme prévu à Paris prévoyait qu’une révision à la hausse des engagements volontaires des pays pris à Paris soit réalisée tous les 5 ans, avec donc une étape en 2025. Dans les faits, ni la Chine (1er émetteur mondial), ni l’Inde (3ème) n’ont révisé leur contribution. Les États Unis (2ème émetteur) sont, on le sait, carrément sortis de l’Accord de Paris. Même les technocrates zélés et les politiciens de Bruxelles n’ont réussi qu’à la dernière minute à ajuster l’engagement de l’Europe (4ème émetteur) qui est censée parler au nom de tous ses États membres.

Après 2 semaines de palabres, il n’a même pas été possible, déni de réalité absolu, de faire mention dans la déclaration finale de la nécessaire sortie des énergies fossiles qui est à la base de tout, ni de la déforestation. La ministre française de la Transition Écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, Mme Monique BARBUT évoque une érosion de la crédibilité du système et de la confiance entre les parties et dit craindre le pire pour les prochaines COP.

Les espoirs de l’Accord de Paris se sont envolés. Le processus onusien est en panne sèche depuis le succès de la COP 21. On lance de nouvelles discussions comme un groupe de travail sur « la transition juste » ou une task force sur la taxation des jets privés. Sujets importants, mais qui masquent la faillite sur le cœur du sujet. L’époque du consensus global autour du « bien commun climatique » s’est effacée devant un retour des logiques de puissance, du populisme, du chacun pour soi, de l’argent roi et de la faiblesse de nos politiques

Pourquoi alors poursuivre ces grand-messes de l’entre soi dont il ne sort plus que des discussions sans fin, de l’autosatisfaction et une perspective de se retrouver l’année suivante à l’autre bout de la planète ?

Le processus doit être poursuivi parce qu’il n’existe aucun moyen d’imposer à l’humanité entière une stratégie commune de lutte contre le réchauffement climatique. La discussion est la seule voie possible, mais elle doit pouvoir être menée sans recourir à ces pantomimes stériles. Le système doit être repensé totalement sur la base de projets concrets et efficaces pour montrer qu’il est possible d’avancer et que l’ONU a encore quelque rôle à jouer sur ce sujet de notre avenir collectif.

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