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Etudes scientifiques

Les risques systémiques du tout [éolien + photovoltaïque] pour la sécurité d’alimentation en électricité du pays...

  • Publié le 11 décembre 2018
Georges Sapy
  • Eolien et solaire
  • La Transition Energétique

Georges Sapy

 

Résumé et conclusions 

Le critère de défaillance du système électrique est fixé de manière probabiliste par une durée moyenne de défaillance annuelle de trois heures, ceci pour les seules raisons de déséquilibre entre l’offre et la demande d’électricité. Fort bien. A ceci près que la « profondeur » de la défaillance (c’est-à-dire l’écart de puissance manquant pour satisfaire la demande, exprimé en GW ou en % de la puissance installée, que l’on traduit aussi parfois approximativement en nombre de consommateurs affectés par la défaillance) n’est pas précisée : le critère s’applique aussi bien au délestage d’un seul consommateur qu’à celui... d’un million de consommateurs ! Comment dans ces conditions les pouvoirs publics peuvent-ils « approuver » un critère (ce qu’ils sont censés faire aux termes du Code de l’énergie) dont ils ne peuvent pleinement mesurer les conséquences concrètes, sociales, économiques et médiatiques ?

 

Un autre élément d’incertitude intervient : l’introduction croissante d’électricité éolienne et photovoltaïque, intermittente et aléatoire par nature. Quelle est dans ces conditions la puissance minimale garantie de ces filières ? Dans ses « Bilans prévisionnels annuels », RTE, après avoir considéré jusqu’en 2016 que « la contribution de ces filières à la couverture de la défaillance ne permet pas de dégager de marges supplémentaires [de sécurité] significatives », ce qui est tout à fait cohérent, considère depuis 2017 que la puissance minimale garantie des éoliennes terrestres « a 90 % de chances d’être supérieure à 10 % de la puissance installée » ! Valeur portée à... 20 % pour l’éolien en mer ! Cependant, une analyse approfondie des relevés de RTE et de son Bilan prévisionnel 2017 montre que cette estimation surévalue la puissance éolienne garantie de 9,7 % (de la puissance éolienne installée) ! Tout sauf négligeable...

 

En d’autres termes, l’approche probabiliste de RTE revient à... « jouer aux dés » la sécurité d’alimentation du pays ! Conclusion confirmée par les quatre gestionnaires de réseaux allemands (homologues de RTE) qui, instruits par une expérience beaucoup plus importante compte tenu de la taille du parc éolien allemand (quatre fois plus important que le parc français), adoptent une approche déterministe réaliste et prudente limitant la puissance garantie de leurs éoliennes, terrestres ET en mer, à 1 % seulement de la puissance installée de ces dernières. C’est le premier des risques systémiques du tout [éolien + photovoltaïque], résultant de l’absence quasi-totale de vent qui peut se manifester lors de certaines conditions climatiques défavorables, notamment lors d’anticyclones polaires hivernaux, alors que la consommation d’électricité est à son maximum...

 

Le deuxième risque systémique résulte de la fragilité des installations éoliennes et photovoltaïques en cas de tempêtes accompagnées de vents violents. Les éoliennes doivent dans un premier temps être arrêtées pour des raisons de sécurité, dès que le vent atteint des vitesses allant de 90 km/h à 115 km/h environ selon leur conception. Le risque est ici un déséquilibrage brutal du réseau suite à l’arrêt soudain et quasi-simultané d’un grand nombre d’éoliennes, pouvant conduire potentiellement à un black-out s’il n’y a pas suffisamment de moyens pilotables capables de reprendre immédiatement la charge. Et pour des vents plus violents, tels que ceux observés durant les grandes tempêtes de décembre 1999, qui ont dépassé les 190 km/h à certains endroits, c’est la résistance physique au vent des installations elles-mêmes (mâts d’éoliennes et panneaux photovoltaïques ancrés sur les toits ou au sol) qui pose question. Mais aucune étude globale ne semble avoir pris en compte ce risque systémique, qui pourrait pourtant avoir des conséquences durables en cas de destructions d’une partie importante des parcs éoliens et photovoltaïques. 

Le troisième risque systémique résulte directement de la promotion aveugle (largement idéologique...) du tout [éolien + photovoltaïque] par la Commission européenne et de la mise en œuvre tout aussi aveugle de cette politique par un certain nombre de pays européens, situation porteuse de risques de mode commun très importants au niveau de l’Europe toute entière : compte tenu des corrélations statistiques très fréquentes entre les productions éoliennes et photovoltaïques des différents pays d’Europe de l’Ouest, démontrées par de nombreuses études, les périodes de quasi-absence simultanée de production éolienne et/ou photovoltaïque dans plusieurs pays voisins sont loin d’être exceptionnelles. En pareils cas, les capacités habituelles de secours mutuel seront gravement affaiblies, voire deviendront inexistantes si la politique du tout [éolien + photovoltaïque] est poursuivie sans précautions. Et la multiplication des interconnexions entre pays n’y changera strictement rien, car il n’y aura alors RIEN à... échanger !!!

 

En conclusion, ces risques systémiques majeurs rendent le tout [éolien + photovoltaïque] intrinsèquement incapable d’assurer la sécurité d’alimentation en électricité d’un pays, en l’absence de capacités massives de stockage d’électricité, question sans solutions ni perspectives crédibles actuellement. Seuls des moyens pilotables de capacité suffisante peuvent donc garantir cette fonction. Mais peu d’entre eux sont à la fois non émetteurs de CO2 et technologiquement et économiquement matures : dans l’ordre décroissant des capacités de production, le nucléaire, l’hydraulique et la biomasse, les deux derniers étant limités en productible par la reconstitution annuelle naturelle des stocks d’énergie primaire (pluviométrie et croissance de la biomasse). SEUL le nucléaire a la capacité à la bonne échelle pour garantir la sécurité d’alimentation en électricité du pays, si l’on arrête par ailleurs l’ensemble des moyens pilotables carbonés.

 

Dans ce contexte, DIMINUER LA CAPACITÉ NUCLÉAIRE INSTALLÉE DIMINUE DE MANIÈRE TRÈS IMPORTANTE LA SÉCURITÉ D’ALIMENTATION DU PAYS PENDANT LES PÉRIODES LES PLUS CRITIQUES, QUI SE RENOUVELLENT TOUS LES HIVERS... Alors que les importations d’électricité vont par ailleurs devenir beaucoup plus INCERTAINES compte tenu des modes communs éoliens qui vont concerner une grande partie de l’Europe.

 

Un AUTRE RISQUE SYSTÉMIQUE se profile : l’AIE vient d’annoncer un risque majeur sur l’approvisionnement en pétrole du monde pour 2025, c’est-à-dire un risque très élevé de nouveau choc pétrolier. Croit-on sérieusement qu’on fera circuler nos TGV et autres trains électriques avec des éoliennes et des panneaux photovoltaïques qui ne produisent rien dès que le vent faiblit ou le soleil disparait ? LA PLEINE CAPACITÉ NUCLÉAIRE DU PAYS EST UN ATOUT MAJEUR POUR FAIRE FACE À TOUT NOUVEAU CHOC PÉTROLIER DONT SEULES L’ÉCHÉANCE PRÉCISE ET L’AMPLEUR SONT ENCORE INCONNUES. VA-T-ON l’AFFAIBLIR ?

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