AccueilPrésentationEtudes scientifiquesRéduire de 75 % à 50 % la part du nucléaire d’ici 2025 Quelles conséquences pour le pays ?

Etudes scientifiques

Réduire de 75 % à 50 % la part du nucléaire d’ici 2025 Quelles conséquences pour le pays ?

  • Publié le 23 octobre 2017
Georges Sapy
  • Electricité
  • Electricité nucléaire
  • Eolien et solaire
  • Transition énergétique

Georges Sapy a élaboré une ÉTUDE SOMMAIRE D’IMPACT de la mise en œuvre des dispositions de la loi LTECV (Loi de transition énergétique pour la croissance verte), précisée par la PPE renouvelables (Décret no 2016-1442 du 27 octobre 2016) pour les seules énergies éolienne et photovoltaïque, qui constituent cependant les principales sources renouvelables envisagées.

Cette analyse prend en outre en compte à titre d’HYPOTHÈSE DE TRAVAIL, pour en évaluer l’impact, les récentes déclarations du ministre de la Transition énergétique et solidaire (Arrêt jusqu’à 17 réacteurs nucléaires d’ici 2025).

Après un résumé des objectifs de la PPE (supposée prolongée à l’identique jusqu’en 2025 pour avoir une date de référence commune en 2025) et le rappel de la situation actuelle du système électrique français ainsi que des hypothèses structurantes pour la suite de l’analyse, notamment la priorité donnée à la réduction des émissions de CO2, les conséquences de la mise en œuvre des objectifs et déclarations ci-dessus sont analysées sous différents angles. En particulier, les impacts sur : les moyens de production, la sécurité d’alimentation en électricité du pays, les émissions de CO2, les investissements à consentir, la balance commerciale, les coûts de production de l’électricité, les subventions à l’électricité intermittente renouvelable, les indemnisations de l’exploitant nucléaire, l’emploi, etc.

Cette analyse fait ainsi apparaitre plusieurs conséquences extrêmement négatives en termes :

  • De sécurité d’alimentation du pays en électricité, notamment lors des périodes de fortes pointes hivernales de consommation

Compte tenu de l’incapacité de l’électricité intermittente à fournir une puissance garantie lors de ces périodes critiques, l’arrêt de 16 GW de nucléaire serait d’autant plus problématique que l’attrition du parc thermique à combustibles fossiles fera perdre 8 GW d’ici 2022 par rapport à la situation des derniers hivers (5 GW de centrales au fioul, dont il ne reste que 0,7 GW jusqu’en avril 2018, puis 3 GW de centrales au charbon d’ici 2022).

Il faudrait donc construire en urgence 20 GW de moyens de secours au gaz pour éviter de mettre une partie de la France dans le noir 3 à 4 fois par hiver, perspective à l’évidence totalement inacceptable. C’est un sujet majeur : fermer inconsidérément des capacités nucléaires dans les années à venir ferait courir des risques extrêmement importants à la sécurité d’alimentation du pays.

  • Economiques et financiers, sous différents aspects :

* Des investissements supplémentaires extrêmement lourds (de 52 à 63 Mds € selon les options de la PPE) devraient être consentis pour construire les moyens éoliens, photovoltaïques et de secours au gaz,

* En dépit de leur importance, ces investissements ne permettraient pas de retrouver la production de 16 GW de nucléaire : il y manquerait entre 9 et 12 % (selon option PPE) de production annuelle. Ce qui mettrait fin aux exportations annuelles nettes d’électricité (10 % de la production annuelle environ). D’où une perte de rentrées pour le commerce extérieur de l’ordre de 1 à 1,5 Md €/an,

* Si l’on y ajoute l’importation des parties « nobles » des éoliennes terrestres et du photovoltaïque, toutes construites à l’étranger par absence de base industrielle nationale, et les importations supplémentaires de gaz pour alimenter les moyens d’appoint/secours, le déséquilibre global de la balance commerciale du pays serait aggravé d’environ 5 Mds €/an durant toutes les années d’investissement dans les moyens de compensation,

* Les investissements très importants cités ci-dessus se traduiraient par une production d’électricité très chère, dépassant les 100 €/MWh (coûts d’appoint/secours inclus) à comparer aux 33 €/MWh du nucléaire prolongé,

* Sauf modification radicale des mesures actuelles de subvention de l’éolien et du photovoltaïque, la majeure partie de ce surcoût de production serait payé par les consommateurs au travers de la CSPE et autres véhicules fiscaux. Le coût estimatif associé s’échelonnant de 36 à 62 Mds € (selon option PPE et prix de marché de l’électricité) sur la durée totale des contrats ! Ce coût venant s’ajouter aux subventions que paient déjà les consommateurs au titre des contrats engagés à ce jour, dont le montant cumulé dépassera les 100 Mds €  à la fin de ces contrats en cours, selon les prévisions officielles de la CRE !

* Dans un Etat de droit, arrêter des installations en parfait état de marche par décision politique ouvre droit à indemnisation de l’exploitant. Principe formellement rappelé par le Conseil constitutionnel. Sur la base des principes et chiffrages entérinés pour Fessenheim, arrêter 16 GW de capacités nucléaires conduirait à une indemnisation immédiate de l’ordre de 4,5 Mds € et à une indemnisation différée qui pourrait atteindre jusqu’à plusieurs dizaines de Mds € dans les années 2040, en fonction des prix de marché de l’électricité observés...

Au vu de ces chiffres et de leur impact dévastateur sur l’économie du pays et le niveau de vie des français dans les décennies à venir, il n’est plus possible de faire l’économie d’une remise à plat complète des objectifs annoncés de la PPE renouvelables et plus généralement de la LTECV concernant le secteur électrique, afin de définir le meilleur mix possible à la fois en termes de réduction des émissions de CO2 et de soutenabilité des coûts pour les consommateurs.

Dans ce contexte, une ÉTUDE D’IMPACT APPROFONDIE COUVRANT L’ENSEMBLE DES DOMAINES CONCERNÉS apparait comme un PRÉALABLE impératif à toute décision structurante concernant le système électrique du pays : on n’a ni le droit, ni les moyens de se tromper !

Téléchargez l’étude de Georges Sapy (en pdf).

ETUDES SCIENTIFIQUES

Imprimer E-mail