PPH ?

  • Publié le 5 février 2017

Au temps lointain où « Bobo » signifiait égratignure, plutôt que habitant du 4è arrondissement de Paris, et que « Hidalgo » évoquait la noblesse espagnole plutôt que l’organisation d’embouteillages pour interdire Paris aux automobilistes banlieusards, il était déjà de bon ton d’utiliser certains sigles ou abréviations. « BCBG » a survécu, mais qui se souvient de « Mermer » (Merveilleusement Mérovingien) ou de « PPH » (ne Passera Pas l’Hiver) ?

Pourtant, depuis décembre, la presse s’est largement interrogée pour savoir si notre système électrique passerait l’hiver, compte tenu du nombre de réacteurs nucléaires arrêtés en début de mois.  Aujourd’hui, je croise les doigts, mais le risque de black-out semble moins menaçant, bien que le niveau de remplissage des réservoirs hydrauliques soit historiquement bas. Espérons que nous éviterons une nouvelle vague de froid en février… Alors on entend proclamer, y compris par la Ministre en charge, que ce serait grâce à l’éolien et au photovoltaïque que nous aurions évité cette crise grave.  L’éolien, pouvait-on entendre au JT de France 2, aurait produit le 18 janvier autant d’électricité que 8 centrales nucléaires. Dit comme cela, ça parait énorme, mais qu’est-ce que ça représente ?

Regardons cette figure, tirée, comme l’indique son titre de l’Observateur (qui n’est plus Nouvel).

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Première remarque : le journal confond « énergie » et « électricité ». C’est ce genre de confusion qui perpétue le mythe du « tout nucléaire, tous les œufs dans le même panier ».  On voit que c’est l’hydraulique qui permet de passer les pointes de 9h00 et 18h30.
L’appel de puissance électrique à midi était de 90 GW.  Le nucléaire fournissait 55,5 GW, l’éolien, 4,3 GW et le solaire, à son pic, 3,0 GW. Et le 18, il y avait du vent et du soleil ! 7,3 GW, ça équivaut à 6 tranches nucléaires, mais seulement à midi : sur la journée, éolien et photovoltaïque ont équivalu à un peu moins de 4 tranches.  Ce n’est pas négligeable, mais c’est la moitié de 8…

Pour une vue plus globale, voici le pourcentage de contribution de l’éolien à notre approvisionnement électrique entre le 1er décembre 2016 et le 23 janvier 2017 :

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On constate deux beaux pics à 10%, mais la moyenne dépasse à peine les 3%.  Je n’aurai pas la cruauté de donner la courbe correspondant au photovoltaïque… et je vous renvoie à mes éditos sur la  CSPE.

Est-ce bien le moment de décider la fermeture de Fessenheim ???

 

Cette note d'actualité provient du site de Bertand Barré http://www.bertrandbarre.com

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