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Frédéric Losfeld, d’après un article d Elisabeth Rosenthal dans le New York Times du 23.04.08

L’émergence récente de nouveaux projets de centrales au charbon en Europe fait peser sur le climat une nouvelle menace bien réelle. L’Italie par exemple, dont le principal producteur d’électricité Enel est en train de convertir une ancienne centrale au fioul vers le charbon, augmentera d’ici 5 ans son niveau de dépendance au charbon de 14 à 33%. La part de la puissance générée par Enel grâce au charbon sera elle de 50%. Les autres pays européens ne sont pas en reste et pourraient mettre en route une cinquantaine de centrales au charbon dans les cinq ans à venir.

Face à l’envolée des prix du pétrole, les états ainsi que les sociétés productrices d’électricité n’hésitent pas à revenir au charbon. Son prix, même s’il a triplé ces dernières années, reste relativement bon marché face au pétrole ou au gaz, ses réserves sont plus abondantes et mieux réparties dans les sous-sols du globe. Des installations vieillissantes comme en Italie et en Allemagne couplées à une interdiction de construire des centrales nucléaires dans certains pays finissent d’expliquer pourquoi n’est pas pris en compte le fait que le charbon produise au mieux deux fois plus de CO2 par unité d’électricité que le gaz naturel.

 « Construire de nouvelles centrales à charbon est une erreur de conception à la base », dit James E.Hansen du Goddard Institute for Space Studies de la NASA. « Etant donné l’état de nos connaissances climatologiques sur ce qui est nécessaire de faire pour stabiliser le climat, ces projets sont comme partir à la guerre sans avoir réfléchi sur la façon de la conduire alors même que toute l’information est disponible ».

« Maintenant, nous avons besoin d’un moratoire sur le charbon », ajoute-t-il, « avec un plan de programmation d’arrêt des centrales existantes sur les vingt ans à venir. »

Il ne faut en effet pas se laisser leurrer par les technologies dites du ‘charbon propre’. Ce terme est utilisé par l’industrie en référence à ses efforts pour réduire fortement la quantité de particules de suie rejetées dans l’air, ainsi que les gaz tels que le dioxyde de soufre et l’oxyde d’azote. Ces technologies n’ont qu’un effet marginal sur les émissions de CO2. La seule technologie qui ferait du charbon une technologie ‘propre’ et neutre au regard des émissions de CO2 est celle de la capture stockage. Or, cette voie est loin d’être techniquement et économiquement viable.

Il existe une douzaine de projets expérimentaux de capture en Europe et aux Etats-Unis, l’Union Européenne reconnaissant elle-même que ce n’est pas suffisant. De plus, fin janvier, l’administration Bush a arrêté ce qui était de loin le plus grand projet d’expérimentation de capture sur le site d’une centrale à charbon de l’Illinois, à cause d’importants dépassements de budget. Certains ont comparé le chemin à parcourir de l’étape du laboratoire à une technologie de capture du carbone fiable, économique et sûre à l’envoi de l’homme sur la Lune.

Même, en imaginant que la capture du carbone soit un jour possible, les centrales qui pourraient un jour y être adaptées coûtent 10 à 20% plus cher et seules une poignées d’entre elles existent aujourd’hui. Pour la plupart des centrales à charbon, les coûts de conversion seraient ‘phénoménaux’, conclut un rapport de l’Agence de Protection de l’Environnement des Etats-Unis (EPA).

Reste ensuite la question du stockage du CO2. Les sites potentiels n’ont pas encore fait l’objet d’études par les géologues suffisamment poussées pour s’assurer qu’ils seraient sûrs pour le stockage et étanches dans le temps. Il n’existe aucune infrastructure ou équipement qui pourraient transporter le carbone jusque là.

En attendant, ni le mécontentement et les protestations des populations avoisinant les sites de ces futures centrales à charbon, ni le système des permis d’émission avec un coût encore trop faible pour les entreprises ne dissuadent d’utiliser le charbon. Pour couvrir l’expansion continue de nos besoins et sans élargir la problématique en stigmatisant les comportements des Etats-Unis et des pays émergents,  il est peut-être légitime de se demander comment alerter efficacement en Europe pour éviter l’accélération d’un phénomène dont nous avons maintenant pleinement conscience.

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http://www.academie-sciences.fr/pdf/rapport/lpdv_190417.pdf

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