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L'évolution de la banquise arctique

  • Publié le 30 octobre 2009
SLC
  • Changement climatique

L'évolution de la banquise arctique

Sauvons Le Climat 30 octobre 2009
C'est dans les hautes latitudes de l'hémisphère nord que le réchauffement a été le plus rapide au cours des dernières décennies. Ce réchauffement entraîne une fonte accrue de la banquise de l'océan arctique au cours des mois d'été, avec pour conséquence une absorption accrue de rayonnement solaire — la glace réfléchit la plus grande partie du rayonnement incident alors que l'eau libre l'absorbe — ce qui renforce le réchauffement.

Le 6 octobre 2009, le National Snow and Ice Data Center (NSIDC, Centre National de données sur la neige et la glace, Institut Coopératif de Recherches sur les Sciences de l'Environnement à l'Université du Colorado de Boulder, USA) a diffusé un communiqué de presse qui fait le point sur la banquise arctique : http://nsidc.org/news/press/20091005_minimumpr.html. Vous trouverez ce communiqué traduit en français sur le site de Sauvons Le Climat (http://sauvonsleclimat.org/new/spip/IMG/pdf/Arctic_Ice.pdf). La banquise est surveillée quotidiennement par satellite depuis 1979. A la fin de l'été 2009, la surface de la banquise arctique était supérieure à celle des années 2007 et 2008, les plus faibles jamais enregistrées (voir la figure) mais restait la 3ème plus faible depuis 1979. Cette fonte moindre est attribuée d'une part à un léger refroidissement des eaux marines de surface — qui sont néanmoins plus chaudes que la moyenne sur 1962 - 2006 — et d'autre part à une atmosphère plus fraîche à cause de la couverture nuageuse de cet été. En outre les conditions météorologiques en août et septembre ont eu tendance à étaler le pack de glace, très fragmenté (une zone est comptée comme occupée par la banquise si la glace occupe au moins 15 % de sa surface).

La surface moyenne de la banquise arctique en septembre diminue actuellement de 11,2% par décennie par rapport à celle qu'elle occupait en moyenne entre 1979 – 2000. Non seulement la surface mais aussi l'épaisseur de la couche de glace diminue. Cette épaisseur dépend de l'âge de la glace, qu'on détermine par satellite. Cette année, la glace dans sa première année représentait 49% de la surface totale, la glace de plus de 2 ans était à son minimum absolu depuis 1979 avec seulement 19% de la surface contre 52% en moyenne sur la période 1979 – 2000. Cette disparition de la « vieille » glace se traduit par une diminution de l'épaisseur de la banquise qui a perdu 68 cm entre 2004 et 2008 pour une épaisseur moyenne d'environ 3 m. Une glace aussi jeune et mince est très vulnérable à la fonte.

L'augmentation de la surface de glace en septembre 2009 par rapport à 2007 et 2008 ne doit donc pas faire illusion et laisser croire que le réchauffement est en recul. La courbe ci-dessus met en évidence la nécessité de considérer des périodes longues pour apprécier les tendances fortes. Et toutes les conditions restent réunies pour que, dans quelques décennies, l'océan arctique soit sans glace l'été.

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