Ouf ! Encore du pétrole pour près d’un siècle… (et tant pis pour le climat !)

Sauvons Le Climat - 6 janvier 2012

 

Les experts réunis pour le 20ème congrès pétrolier mondial à Doha en décembre dernier ont apporté de rassurantes nouvelles : les réserves estimées de pétrole et de gaz sont révisées à la hausse.

Nous aurions ainsi sous nos pieds 1383 milliards de barils (appréciez la précision !) de réserves pétrolières. Soit de 50 à 100 ans de consommation selon les projections. Et pour 250 ans de réserves gazières…

Si ces annonces sont de bon augure pour les pays producteurs et les Major Companies, elles ont de quoi inquiéter les spécialistes du climat et tous ceux qui se soucient de l’état de la planète.

Certes, il s’agit de réserves estimées, non de réserves prouvées, et encore moins de gisements en exploitation, et il y a loin du puits à la pompe du supermarché.

Bien sûr, ces chiffres incluent les produits « non conventionnels », c'est-à-dire les bitumes, pétroles et gaz de schistes, plus difficiles à récupérer et (parfois) vigoureusement contestés.

Inévitablement, le prix de ces ressources augmentera avec l’éloignement des gisements et la complexité des techniques à mettre en œuvre pour l’extraction.

Mais tant que ces énergies resteront compétitives par rapport aux séduisantes mais incertaines énergies renouvelables, tant que le spectre de la pénurie ne sera pas à l’horizon d’une décennie, la facilité et l’économie continueront à guider nos comportements.

Ce n’est pas cette relative abondance qui pose problème, mais l’incapacité de l’humanité à la gérer, notamment pour laisser aux générations futures des ressources bien plus précieuses comme matières premières que comme combustibles…

Et quel dirigeant osera prendre les mesures drastiques indispensables à la réduction des émissions de gaz à effet de serre face à une opinion publique préoccupée avant tout par son pouvoir d’achat, et sans réelle conscience des conséquences irréversibles du réchauffement climatique ?

Le monde ne peut s’offrir le luxe de continuer à rejeter annuellement 30 milliards de tonnes de CO2 dans l’atmosphère, sachant que la capacité d’absorption de ce gaz par les océans est déjà en nette décroissance.

Le réchauffement climatique est de moins en moins contesté, les sceptiques se font plus discrets, le mur est devant nous…

Alors on peut toujours discuter de la durée des réserves annoncées, ce qui n’a guère de sens au-delà de 2 ou 3 décennies, mais une chose est sûre : les annonces de Doha ne seraient satisfaisantes que dans un monde devenu soudainement vertueux et économe de ses matières premières.S’il s’agit de continuer à brûler toujours plus de pétrole, de gaz et de charbon, c’est un grave sujet d’inquiétude  pour les défenseurs de la cohérence énergétique et du respect de l’environnement !

 

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